Lire la presse écologique

Le Savoir, c’est le pouvoir ! (Francis Bacon)

C’est en lisant la presse écologique qu’on découvre que souvent, nous sommes arrivés à l’écologie par un petit bout de la lorgnette. Comme me l’expliquait un agriculteur bio des Flandres, souvent les clients consommateurs d’alimentation sont « arrivés » au bio pour une des trois raisons suivante :

  • Le respect de la planète, dans une prise de conscience de la pollution que constituent les intrants chimiques (engrais, pesticides)
  • La santé, dans une prise de conscience de la dangerosité des produits chimiques assimilés via notre alimentation (cancers, maladie neuro-dégénératives, …)
  • La gourmandise, par prise de conscience du manque de saveur des produits industriels

Mais quelle que soit la porte d’entrée, ces consommateurs découvrent rapidement les deux autres points, et sont les meilleurs promoteurs des solutions écologiques.

Hélas, de nombreux titres de presse écrite, comme les chaînes de télévision et radio, sont la propriété privée de groupes commerciaux aux activités multiples, et dont les actionnaires ont tout intérêt à ce que les citoyens ne soient que de simples “consommateurs”, consommant les produits “conseillés” par une industrie qui ne veut pas voir son modèle économique s’effondrer. Qu’adviendrait-il de ces groupes si chacun commençait à boire l’eau du robinet, faire son pain avec de la farine locale, ne cuisiner que du frais ? Bref, il ne faut donc pas compter sur ces médias pour connaître les inconvénients des filières industrielles de la consommation, alimentaire ou non.

Heureusement, il existe une presse alternative riche en contenu et de qualité. Elle est souvent consultable en ligne, parfois partiellement gratuite, ou disponible dans les médiathèques.

Voici les quelques titres que je lis régulièrement:

  • Bio Contact
  • L’âge de faire
  • Reporterre
  • Fakir
  • Alternatives économiques
  • L’écologiste
  • TerraEco

N’hésitez pas à soumettre des suggestions de titres de presse à voter médiathèque préférée, l’accueil est souvent très positif.

Faire ses comptes (en détail)

Faire mes comptes présente de nombreux avantages :

  • Être capable d’analyser finement où part mon argent en matière de type de dépenses (alimentation, énergie, loisirs, …), mais aussi en bénéficiaires (propriétaire de mon logement, crédit bancaire, grande distribution, petits commerces, marché …)
  • Être capable de comparer ma progression sur l’application de mes choix de dépenses
  • Planifier mes dépenses grâce à une meilleure visibilité des dépenses contraintes à venir

Quand on a la chance d’avoir des revenus suffisants et réguliers, ce qui est heureusement le cas d’une majorité de personnes dans nos pays riches, on a tendance à ne pas faire ses comptes en détail. En effet, sachant qu’une rentrée d’argent arrivera en fin de mois, on ne s’inquiète pas trop.

Bien sûr, ceci est un problème de riches, car les pauvres n’ont pas « ce luxe ». C’est donc bien aux riches que ce mémo s’adresse, car je partage avec Hervé Kempf la certitude que ce sont les riches qui détruisent la planète, et que ce sont les premiers à devoir faire les efforts.

Sans angoisse du lendemain, je suis facilement manipulable par le marketing et la publicité pour acheter un peu « tout et n’importe quoi ». Or, après analyse de mes dépenses, je constate que mon argent n’est pas parti là où je le souhaitais. Bien sûr, je ne peux pas grand-chose face à certaines dépenses contraintes comme le logement, l’énergie, l’eau pour lesquels le choix du fournisseur n’est pas toujours possible par exemple.

Par contre, une analyse de mes dépenses me permet de mesurer réellement la part de nos dépenses :

  • En nourriture
  • En énergie
  • En carburant
  • En loisirs culturels et sportifs
  • En dons aux œuvres, syndicats, …

Une fois cette connaissance assurée, je peux faire des choix et me fixer des objectifs pour répartir autrement ces dépenses

Ces choix peuvent être qualitatifs :

  • Dépenser plutôt auprès de producteurs locaux ou de petits commerçants qu’auprès de la grande distribution ou des géants du web. Ainsi, le bilan carbone de mes achats ne pourra qu’être meilleur, les marchandises n’ayant pas fait autant de kilomètres pour arriver jusqu’à moi.
  • Préférer les dépenses culturelles (spectacles, concerts, …) aux dépenses matérielles
  • Préférer les dépenses de transports en commun aux dépenses de carburant

Ces choix peuvent être quantitatifs :

  • Mettre en œuvre des règles de vie pour économiser l’eau, l’électricité, le gaz
  • Réduire l’achat de plats préparés pour privilégier les ingrédients de base à cuisiner, dont le bilan carbone est meilleur du fait des moindres transports des ingrédients.
  • Réduire ma consommation de carburant
  • Réduire ma consommation de produits ménagers

Les exemples sont aussi nombreux que les modes de vie ; mais une fois cet outil mis en place, quel plaisir de pouvoir analyser avec franchise mes progrès. Je constate à l’usage que mes dépenses diminuent et que je peux ainsi consacrer une plus grande part de mes revenus à des dépenses plus intelligentes et pérennes, faire le choix de produits de qualité, choisir d’avoir une vie culturelle plus riche …

Mes choix ne sont pas ceux des autres, je ne cherche pas à les imposer ni à mon conjoint, ni à mes enfants. Chaque membre de la famille peut avoir une sensibilité et des talents qui le conduisent à faire d’autres choix que les miens. L’essentiel est de ne pas tomber dans la culpabilisation de nos actions. Chaque pas de l’un est un pas pour tous .

Enfin, cette répartition des dépenses m’invite à réfléchir aux aspects réellement négatifs ou positifs sur différents plans. Prenons l’exemple d’acheter ses livres auprès d’un libraire indépendant local ou auprès d’un géant du web : quel est le choix le plus écologique ? Quel est le choix le plus socialement éthique ? Le sujet est complexe et nécessite une réelle étude. Chercher les réponses permet d’avancer dans l’analyse de mes priorités.

Se passer de lingettes pour les fesses de bébé

A la naissance de mon premier enfant en 1994, j’ai découvert et utilisé massivement des lingettes. Celles-ci , même si leur coût était finalement important, me semblaient on ne peut plus pratiques : en un tour de main, les fesses de bébé bien propres !

Cependant, lorsqu’on regarde de plus près la composition de ces lingettes, on est vite horrifiés par la quantité de toxiques contenus dans ce produit. En outre, elles n’empêchent pas les feux de fesses ! Depuis, et deux enfants plus loin, j’ai découvert l’usage des lingettes en tissu et du liniment oléo-calcaire. Ces lingettes, fabriquées par mes soins sont économiques et très faciles à faire : 1 mètre de tissu de type laine polaire double face, découpée en petite carrés de 10 cm par 10 cm. Ce tissu ne s’effiloche pas et n’a même pas besoin d’être surjeté. Temps de travail : 10 minutes coût 5 à 8 € en fonction du magasin de tissu.

Coté produit nettoyant, là aussi j’ai choisi la fabrication maison du liniment oléo-calcaire.

Composition pour une bouteille de 400 ml :

240 ml d’huile d’olive (Bio de préférence, 10 € /litre)

160 ml d’eau de chaux (achetée en pharmacie 5 € /litre)

Méthode de réalisation : Mettez les deux liquides dans votre robot et mixer une minute à vitesse maximale. Vous obtenez une émulsion de couleur jaune moutarde. Il suffit de verser le tout dans une bouteille étanche, de préférence opaque pour protéger votre préparation des rayons lumineux, et le tour est joué.

Une bouteille de 400 ml dure environ 3 mois chez nous, pour un coût de 15 €/litre, soit 6 € la bouteille. Si l’odeur ne vous emballe pas, vous pouvez ajouter quelques gouttes d’huile essentielle pour parfumer, mais attention car toutes les huiles essentielles ne sont pas conseillées pour bébé !

Avantage Ecologique : plus de lingettes jetées dans la poubelle incinérée Avantage Economique : sur une période de deux ans avant qu’un enfant soit propre, en comptant l’usage de 10 lingettes par jour, soit 7300 lingettes, compter  un budget de 0,03 €/lingette soit 219 €, à comparer avec un investissement de 10 € max + 3.5 litres de liniment ( 60 €), donc 62.50 € au total

Avantage Santé : plus de produit dangereux passés sur les fesses de bébé

Consommer local

Privilégier les aliments issus de la région a de multiples intérêts:

  • Ces aliments sont frais lorsque vous les achetez et consommez
  • Ils n’ont pas subi de traitements permettant leur conservation lors de longs transports comme l’irradiation ou la chambre froide.
  • Ils n’ont pas effectué de longs transports coûteux en carburant (avion, bateau, camion), et ont donc un bilan carbone faible.
  • Vous pouvez facilement vous assurer des modes de production des agriculteurs auprès desquels vous achetez en vente directe.
  • Ce sont des produits de saison, qui poussent avec des méthodes naturelles.
  • La législation du travail étant sérieuse en France, vous vous assurez que les fruits et légumes  que vous achetez n’ont pas été cueilli par des personnes exploitées socialement.

La vente directe permet de découvrir les méthodes de travail de l’agriculteur, profiter de la culture de ceux-ci avec un contact chaleureux et humain, et de s’assurer que les méthodes de production sont respectueuses de l’environnement (pas de pesticides, pas d’engrais chimiques, respect de la faune et flore locale, maintien des haies, des sources et cours d’eau)

Comment faire pour acheter local ?

  • Faire ses courses au marché, mais attention, pas auprès de n’importe quel vendeur. Assurez vous que  celui-ci est un producteur et non un revendeur s’étant approvisionné au MIN (Marché de gros)
  • Faire ses courses chez le producteur si vous habitez une ville assez petite pour que  la distance avec les producteurs soit raisonnable.
  • Faire ses courses dans des magasins qui approvisionnent des produits locaux (fromages, lait, beurre, œuf, légumes, viande)

Quoi acheter en local ?

  • Les légumes et les fruits, de saison
  • De la viande, chez les producteurs, en caissette que vous congèlerez
  • Des produits laitiers (lait, beurre, fromages, œuf)
  • En fonction de la région où vous vous trouvez, les produits régionaux peuvent varier : sels à Guérande, miel en montagne, volailles dans le sud-ouest, huile d’olive dans le sud de la France, bière dans le Nord … Profitez de vos vacances pour faire du stock de délicieux produits régionaux que vous aurez plaisir à retrouver toute l’année

Ces produits de qualité sont moins chers en vente directe ou sur le marché.

La difficulté organisationnelle est assez importante si vous êtes plutôt habitué à faire un gros plein à l’hypermarché du coin : en effet, il faut changer ses habitudes d’emploi du temps de courses, trouver les marchés à proximité de chez soi, avoir toujours au moins un peu d’argent liquide pour payer les petites courses du marché et un chéquier pour les marchands qui ne prennent pas la carte bancaire.

Enfin, si vous voulez maîtriser les origines de ce que vous consommez, vous pouvez vous lancer dans la création d’un supermarché coopératif, ou en rejoindre un si vous avez la chance d’en trouver un près de chez vous.

Pour ma part, j’ai la grande chance d’être coopératrice de SuperQuinquin, à Lille . Pour les parisiens, La Louve ou encore Supercoop à Bordeaux

 

Se passer d’essuie-tout papier

Encore une étape simple pour cheminer vers un comportement plus écologique : Se passer d’essuie-tout papier

Pour cela, un peu de travail manuel est nécessaire, si vous êtes équipés d’une machine à coudre.  Ce travail consiste à acheter un mètre de tissu éponge et de le découper en petits rectangles de 20 cm sur 10 cm.

L’étape la plus « technique » consiste à surjeter chaque petit morceau pour éviter que le tissu ne s’effiloche.

Si vous ne disposez pas de machine à coudre, vous pouvez les acheter toutes faites chez IKEA. C’est plus coûteux, mais encore plus facile

Les avantages sont multiples :

  • Vous ne gâchez plus de papier à usage unique
  • Vos lingettes en éponge ont une espérance de vie très longue (plusieurs années), pour un investissement faible (3 € /M d’éponge)
  • Le lavage des lingettes peut se faire avec le reste du linge, le séchage sur un fil est très rapide car chaque pièce est de petite taille
  • Vous ne dépensez plus en essuie-tout jetable

Passer à l’électricité verte

Encore une étape simple pour cheminer vers un comportement plus écologique : Passer à l’électricité verte

Depuis l’ouverture à la concurrence du marché de l’électricité en France, il est très facile de changer de fournisseur d’électricité.En effet, il suffit de remplir un formulaire d’inscription auprès du fournisseur de votre choix, et de l’envoyer à l’adresse indiquée avec un relevé d’identité bancaire. Le nouveau fournisseur d’occupe de tout pour vous.

Rien ne change dans vos habitudes car le réseau d’électricité est déjà externalisé de l’opérateur historique, et vos relevés resteront effectués comme par le passé.

Comment choisir son nouveau fournisseur ?

Consulter les études sérieuses effectuées par les associations de consommateurs et les ONG écologistes pour vérifier que :

  • le fournisseur produit effectivement toute l’électricité avec des ressources vertes (éolien, photovoltaïque(solaire), hydraulique)
  • le fournisseur produit suffisamment d’électricité pour injecter dans le réseau la quantité suffisante pour ses propres clients, sans avoir recours à de l’achat d’électricité aux autres fournisseurs non verts
  • le fournisseur investit ses bénéfices dans l’investissement des moyens de production pour assurer sa croissance

 

Quel cout ?

Comme déjà souligné, il faut relativiser le surcoût de ce choix écologique en mesurant le montant de vos dépenses actuelles d’électricité. Si on compare le coût de la consommation en électricité d’un foyer français (3000 KWh/an) ,l’écart est de 120 € /an pour le fournisseur le plus cher.

Faire du café avec une cafetière manuelle

Encore une étape simple pour cheminer vers un comportement plus écologique : faire du café avec une cafetière manuelle.Malgré le « tapage » publicitaire autour des machines à café à dosette, et l’augmentation de la taille des linéaires de supermarché pour accueillir les fameuses (et coûteuses) dosettes, il est aujourd’hui possible de « résister » simplement, et économiquement : faire du café avec une bête cafetière manuelle.

Les avantages sont multiples :

  • Vous chauffez l’eau au gaz plutôt qu’à l’électricité
  • Votre cafetière est un équipement durable, qui a émis peu de gaz à effet de serre lors de sa fabrication
  • Vous ne générez aucun déchet à incinérer
  • Le marc de café peut être jeté à l’égout (très bon détartrant) ou bien utilisé pour protéger votre potager des petites bêtes
  • Acheter du café en vrac est bien moins coûteux, rapporté à la tasse de café, que d’acheter des dosettes
  • La cafetière manuelle coûte moins cher que la machine,et a de fortes chances d’avoir une bien meilleure longévité
  • Pas de détartrage nécessaire (contrairement aux cafetières électriques classiques)
  • Rapporté au prix de la tasse, compter 6 centimes d’€ pour un café classique (à 2.5 € /paquet de 250g) contre 10 centimes d’€ avec une dosette.

La difficulté  consiste à changer ses habitudes d’achat et à nettoyer la fameuse cafetière après usage. Cette difficulté n’est pas à sous-estimer, quand on pense que la motivation de la plupart des personnes qui ne cuisinent pas et achètent des plats préparés est d’éviter la vaisselle.

café

Ce qui ne se mesure pas ne s’améliore pas

Les messages à la mode concernant l’écologie nous abreuvent de chiffres concernant nos émissions de gaz à effet de serre, notre consommation abusive de viande, de carburant, de produits ménagers, ….

Ces chiffres sont ceux du « français moyen », mais qu’en est-il de notre consommation? Certes, vivant dans un pays riche, nous sommes certainement de trop gros consommateurs de tout. Seulement, si on ne connait pas ses propres mesures de consommation, comment se fixer un objectif ? Comment mesurer ses propres progrès ?

Donc une première étape consiste à mettre en place quelques mesures simples de ses propres consommations, afin de les comparer aux mesures connues, et de se fixer des objectifs cohérents, pas trop ambitieux, même s’ils peuvent s’améliorer au cours du temps.

Voici quelques mesures faciles et objectives à faire, sur toute une année, à la semaine par exemple : Investissez dans un petit carnet, avec une page par sujet; un jour de la semaine, par exemple tous les samedi matin, procédez aux relevés suivants

  • consommation d’électricité sur le compteur de votre domicile.( La consommation d’électricité d’un ménage moyen (hors chauffage, eau chaude et cuisson) est d’environ 3 000 kWh/an , soit environ 4100 KWh/an au total,  et 2400 € /an toutes dépenses d’énergie pour le foyer confondues (gaz, électricité, bois, fioul, …))
  • Kilométrage parcouru avec la ou les voitures du foyer (Moyenne française : 13000 km/an/véhicule)
  • Poids de viande acheté et consommé (Moyenne française : 117 grammes/jour/personne, soit 819 g/Semaine et par personne)

Après quelques semaines, vous commencerez à avoir une idée de votre situation de consommateur vis à vis de la moyenne et vous pourrez vous fixer des objectifs raisonnables de réduction sur les sujets sur lesquels vous devez vous améliorer.